Ségolène Royal confie à Michel Rocard une mission sur les enjeux du numérique

Internet, le numérique et les technologies coopératives redessinent l’économie, l’éducation et la culture. L’État ne doit pas être un simple spectateur de ce mouvement.

Ségolène Royal a demandé à Michel Rocard, qui avait joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement Européen contre la brevetabilité du logiciel, d’établir un diagnostic et de formuler une série de propositions.

L’économie numérique représente d’ores et déjà 10% du PIB. Elle concentre une grande partie des emplois qualifiés de demain. Comment relancer l’innovation dans le numérique et le logiciel en France et en Europe ?

Comment les technologies de l’information peuvent elles contribuer aux objectifs que le Pacte Présidentiel s’assigne en matière de réussite éducative ?

Comment l’informatique (et les logiciels libres) peuvent ils contribuer à la réforme de l’Etat ?

Comment le numérique peut il revitaliser notre politique culturelle ?

Comment préserver l’ouverture, l’innovation, la concurrence, l’interopérabilité dans la société de la connaissance ?

Pour préparer ce rapport, Michel Rocard s’est entouré d’une équipe composée de :

- Godefroy Beauvallet, chercheur en gestion, en charge de l’administration électronique au cabinet de Michel Sapin, ministre de la Fonction publique (2000-2002)

- Vincent Feltesse, secrétaire national adjoint aux technologies de l’information au PS

- Véronique Kleck, conseillère technique “TIC et démocratie participative” auprès de Jean-Jack Queyranne, President du Conseil Régional Rhône-Alpes

- Frédéric Martel, journaliste-écrivain

- François Pellegrini, maitre de conférences en informatique, co-fondateur des Rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL)

- Aziz Ridouan, Président de l’Association des Audionautes

- Maurice Ronai, délégué national aux technologies de l’information au PS

- Jean-Baptiste Soufron, juriste, ancien conseiller juridique de la Fondation Wikipedia

- Benoît Thieulin, responsable de la campagne Internet au cabinet de Ségolène Royal

Les conclusions de cette Mission dont Maurice Ronai sera le rapporteur, seront remises par Michel Rocard à Ségolène Royal début avril.

12 réponses à “Ségolène Royal confie à Michel Rocard une mission sur les enjeux du numérique”

  1. CHK dit :

    J’espère que vous aurez la bonne idée de consulter le MUNCI (www.munci.fr) qui est quand-même la première association professionnelle d’informaticiens en France… même si elle n’est pas encore suffisamment connue.
    (voir : http://www.munci.org/pages/presentation-munci.pdf)

  2. Charles Halary dit :

    C’est très bien. Michel Rocard a bien vu dans le passé quelle importance cette question avait pour nous. Une analye politique d’internet est à faire. Nous pourrions élargir cela à des contribution de l’Internatioanle socialiste et surtout d’experts nord-américains et asiatiques. C’est en effet en Amérique du Nord que les choses se décident et en Asie qu’elles se fabriquent. Un site comme Agoravox en France est une illustration de ce que le journsliem deviendra. Il ne faut pas imaginer Internet en France mais imaginer en France Internet 3 pour le monde.

  3. guennec dit :

    bsr
    bravo pour cette mission .
    Je ne ferais qu’un commentaire en tant qu’homme de gauche…
    Chirac a créé… des soit disant pôles de compétivité qui vont vont engloutir
    des millions , voire des milliards d’euros … pour inventer des produits
    dont nous confierons la fabrication dans des pays dont la mian d’oeuvre
    est moins chère qu’en France.
    Dans le programme de Ségolène, ne pourrait elle pas intégrer des
    aides à la création de plate forme de commerce électronique au niveau
    mondial.
    je suis prêt à vous faire partager mon expérience ayant implanté une filiale
    d’une sté américaine en France qui a été créée aux USA par une francaise
    bonne lecture

  4. Charles Halary dit :

    et pour commencer un gros boulot de définitions
    1) trackback s’écrit rétrolien. Et en plus c’est euphonique et plus précis
    2) email s’écrit courriel et là aussi c’est plus signifiant
    3) Net (pour filet–de pêche) et Web (pour toile d’araignée) peuvent se traduire par Réseau, ce qui combine les deux.
    Commencer à traduire en français les mots anglais apporte de la précision. Ainsi ordinateur est un mot ancien de notre langue qui a remplacé computer qui en est un autre mais qui a été anglicisé.
    Cybernétique est un mot inventé par André Marie Ampère en 1834 qui désigne pour lui la science de tous ces réseaux électromagnétiques de pouvoir. (dans son Essai sur la philosophie des sciences)
    Wiener n’a fait que l’angliciser en France en 1947.
    Comme vous le devinez, je suis actuellement au Québec.

  5. Charles Halary dit :

    Ce rappel au vocabulaire français est crucial. « ordinateur » est un mot emprunté au vocabulaire d’Église pour désigner celui qui met en ordre la procession. C’est Jacques Perret, latiniste, qui l’a proposé à IBM en 1956. Plutôt que « ordonnateur », mot voulu alors par la compagnie (Fredrik Rosing) Bull, d’origine norvégienne, et devenue ce qu’on sait. Information et automatique ont donné « informatique »… plutôt que « computer sciences » et j’en passe. Et ensuite télécommunication et informatique ont produit le peu utilisé « télématique » qui est de facto la force motrice du Réseau mondial actuel. Au moment où on voit partir Alcatel chez Lucent, il serait bon de garder la mémoire de l’innovation en France.

  6. Heureux de savoir que ces questions stratégiques seront prises en compte par la candidate socialiste.
    On a peut être trop oublié que le numérique est toujours un enjeu de société , pour tous les citoyens et pour notre pays .Nous vivons ,de fait,dans une civilisation numérique et le politique ne doit pas que proposer des solutions techniqueset « verticales ».Il doit exprimer un projet global tourné vers le futur où progrès et solidarité se marient en tenant compte des atouts et contraintes de la mondialisation

  7. pierre dit :

    Bref,
    l’essentiel est que Michel Rocard soit impliqué comme il sait le faire sur les dossiers importants.
    Bravo pour cette décision.

  8. Charles Halary dit :

    Mes rappels de vocabulaire, rédigés au Québec. me semblent montrer qu’on doit rétablir en France un esprit d’innovation qui n’a plus besoin de s’expatrier pour devenir légitime. Car il est vrai qu’aujourd’hui son on dit qu’on innove en France, surtout dans le numérique, on est rejeté. Si on s’installer en Amérique du Nord, qu’on réussit et si après on revient en France en disant la même chose avec le même produit, on est accepté. J’espère que Ségolène Royal va mettre fin à cette mentalité d’assistés. Des centaines de milliers de jeunes français aujourd’hui doivent partir à l’étranger pour se faire un parcours professionnel mature. Et souvent ils y restent. Car, dans un pays qui valorise de manière idéologique l’agriculture subventionnée et polluante avec de moins en moins d’argent allemand (la PAC) il n’y a pas d’argent pour les innovateurs et les universités qui les portent. Je connais beaucoup de gens qui ont salué ce que Jospin a fait pour Internet en France. On sait que depuis 2002 rien d eneuf en ce domaine n’est venu de la droite. Elle a plutôt bradé nos entreprises comme le dit fort bien Chevènement qui n’a pas tort en tout. Ségolène Royal est la dernière chance de la France pour exister avec le retour de la gauche aux affaires, autres que régionales ce qui ne suffit pas. Ségolène Royal a su donner aux jeunes un souffle qui manque beaucoup au PS trop proche des retraités. Il est certain que si Séfolène Royal n’est pas élue, la France va se déliter avec Sarkozy dans des affrontements sociaux stupides. On a vu ce que le personnage a été capable de faire à Clichy sous Bois. Je pense que c’est le choix le plus décisif sur le plan de la construction du pays. De Gaulle avait sauvé deux fois la France de la honte et d’un coup d’État factieux lié à un parlementarisme agonisant du fait de la SFIO de Mollet. Mitterrand a su modernier le pays et mettre fin à la présence du vieux parti stalinien. Avec Ségolène Royal on commence à construire pour de vrai. On ne peut pas rater cette chance. Que Rocard soit nommé pour le numérique est une bonne idée sur le plan politique. Mais ceux qui jouent un rôle décisif dans ce secteur sont en train d’abandonner non seulement la France mais l’Europe pour s’installer non plus en Amérique du Nord mais en Asie. Les politiques ne peuvent faire qu’une seule chose dans ce domaine, rallier les jeunes français et françaises qui sont déjà en poste dans le monde entier. La seule qui le peut aujourd’hui est Ségolène Royal. Et sa tâche ne sera pas facile. Car le monde n’est plus tout dirigé par les Occidentaux. Et surtout pas par ceux qui régnent à Washington qui doivent gérer le déclin bien connu de l’empire américain. Du Québec, on le voit avant les autres mais avec une absence totale d’influence sur le cours des choses. La France dirigée par Ségolène Royal peut redonner une direction à l’Union européenne et nous aider le Canada a redevenir son meilleur allié dans le monde. Ça urge! Et le dossier du numérique n’est pas une simple question culturelle mais une affaire stratégique.

  9. Charles Halary dit :

    Pour me résumer: la question du numérique est criciale pour l’avenir du monde. Tout passe par là. L’économie, la finance, l’armée, les voyages, les liens sociaux, la politique, les arts… Tout. Même les nouveaux matériaux seront construits par des ordinateurs avec la nanotechnologie. Nous avons une tâche immense pour empêcher que cette technologie devienne asservissante. Ordinateur est le prmier mot qui exprime l’idée « d’ordre juste » sur le plan des technologies. Si le système n’est pas ajusté, il plante, c’est un bug assuré. Nous avons trop eu en France à commémorer les guerres externes et internes qui ont affaibli notre pays. Sarkozy est un facteur de guerre civile. Rocard s’en inquiétait à juste titre. Son père était l’un de nos plus brillants scientifiques, Yves Rocard, son fils l’un de nos politiques les plus intelligents. Ce sont des ressources rares. Comme Ségolène Royal. Une chance comme celle-là ne passera pas deux fois. Elle a eu raison de dramatiser la situation à Marseille. C’est réellement crucial! Vu de l’extérieur peut-être encore plus.

  10. [...] Rocard a remis ce jeudi à Ségolène Royal son rapport sur les enjeux du numérique. Ségolène Royal avait commandé ce rapport à Michel Rocard, qui a joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement européen contre la brevetabilité [...]

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