L’UMP a-t-elle acheté des liens commerciaux vers la vidéo de Ségolène Royal ?

Versac a tenté de savoir qui a acheté des liens commerciaux (que nous avions signalé dans notre précédent billet) pointant vers la vidéo de Ségolène Royal hébergée anonymement sur Dailymotion. La société dément ici avoir acheté ces liens et indique avoir demandé à Google leur suppression. Les candidats PS précisent également ne pas en être à l’origine.

Versac s’est ensuite naturellement tourné vers l’UMP qui consacre un budget conséquent à l’achat de liens commerciaux. Il note de fortes similitudes avec la rédaction de leurs annonces habituelles. De plus, cette polémique intervient au moment même où « off the record » depuis l’Algérie, Nicolas Sarkozy tente dans un jeu de billard à plusieurs bandes de faire savoir sa préférence quant au choix des militants socialistes…

Qui que ce soit a acheté ces liens, nous sommes devant une nouvelle problématique, l’achat anonyme de liens commerciaux pointant vers une vidéo elle-même postée anonymement.

Le forum des droits recommande aux partis de ne pas acheter de liens commerciaux après le 1 janvier 2007. Comment éviter qu’un parti, une organisation ou un individu proches de ce parti n’achètent anonymement des liens commerciaux vers un site anonyme ou une vidéo anonyme comme cela vient d’être fait ?

Alors que tout le monde s’accorde à penser qu’internet ouvre un nouvel espace démocratique, comment empêcher que la prochaine netcampagne ne se transforme en sale campagne ?

8 réponses à “L’UMP a-t-elle acheté des liens commerciaux vers la vidéo de Ségolène Royal ?”

  1. koz dit :

    Et comment pouvez-vous être interro-affirmatif sur le fait que ce soit l’UMP ? Comment exclure que « un [candidat], une organisation ou un individu proches de ce [candidat qui ait acheté] anonymement des liens commerciaux vers » la vidéo de Ségolène Royal ?

    Versac se fonde sur deux choses :

    (i) le fait que l’UMP ait acheté des liens commerciaux par le passé : pourquoi cela n’aurait-il pas donné des idées à un Strauss-Kahnien à un fabiusien, qui ne sont tout de même pas manchots avec les nouvelles technos, et dont j’ai du mal à exclure qu’ils ne puissent être capables d’une telle pratique ?

    (ii) la similitude des styles… Il n’y a, entre les annonces, que le point d’interrogation en commun. A part cela, en quoi « Ségolène On / Royal Off : où est la sincérité ? Où est le courage ? » est-il manifestement caractéristique d’une prose UMP ? En quoi est-ce si similaire avec « Ségolène Royal sait-elle dialoguer, écouter, débattre avec les autres ? »… Parce qu’aux dernières nouvelles, il n’y a pas que l’UMP pour s’interroger à cet égard, et dans ces termes.

    Bref, ouais, c’est peut-être l’UMP (dont vous oubliez de signaler toutefois qu’elle a également, par le clavier de Thierry Solère, démenti l’achat), mais c’est peut-être aussi un strauss-kahnien, ou un fabiusien, qui « dans un jeu de billard à plusieurs bandes » se seraient dit que, tiens, ce pourrait être un moyen de faire d’une pierre, deux coups : emm… Royal ET Sarkozy…

  2. koz dit :

    Ah oui, denière chose : et c’est peut-être moi.

  3. Hugues dit :

    Personne n’empêchera la netcampagne de se transformer en « sale campagne ». Et s’il est légitime de souhaiter une modération dans l’utilisation du Web comme vecteur de désinformation ou d’intox, j’ai l’impression qu’il faut accepeter l’idée de la nature incontrôlable du média.

    Mais c’est la contrepartie de la capacité de tout un chacun à diffuser son point de vue le plus largement possible pour un coût proche de zéro (blogs, forum, etc.). Et si le moyen d’empêcher les crapuleries (qui existent de toute façon en dehors des campagnes virtuelles) consiste à limiter la liberté d’expression sur le Web, qui gagne ?

  4. Rédacteur dit :

    @ koz
    Ces liens commerciaux ne sont pas donnés. Compte tenu de la déjà forte diffusion virale de la vidéo, acheter ces liens commerciaux ne fait sens qu’à la condition de pouvoir y consacrer un budget conséquent…

  5. Natacha QS dit :

    On voit bien le problème que posent la diffusion d’informations non sourcées dans le cadre de la campagne ou précampagne : il y a la vidéo de Ségolène Royal envoyée par un anonyme, des soupçons d’achat de liens commerciaux sans que l’on puisse savoir sous l’instigation de qui, etc. Toutes ces pratiques ne sont ni cadrées, ni transparentes, c’est le moins que l’on puisse dire. En outre, il y a ceux qui s’empressent de diffuser, par exemple, cette vidéo ou des rumeurs pour salir ou se moquer de tel ou tel (manipulations, dénigrement, intox, etc.). Et le contre-buzz existe aussi…

    Vincent, je pense que vous vous doutez de ma réponse à votre question : « comment empêcher que la prochaine netcampagne ne se transforme en sale campagne ? » ;-) Je réponds néthique !

    Nous avons bien conscience que l’on ne pourra rien « empêcher », le Net étant libre, ce que l’on peut faire, me semble-t-il, c’est s’engager explicitement à refuser certaines pratiques non éthiques pour une campagne propre. Il y a une forte demande de renouveau dans notre démocratie et nous avons besoin de restaurer des liens de confiance entre nous tous. Personne n’a la science infuse, mais l’intelligence collective peut nous permettre d’ébaucher des solutions communes. Du moins, je l’espère ! Qu’en dites-vous ??

    En complément – Vidéo : la campagne sauvage :
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15579

  6. Will dit :

    Je suis étonné de ne pas voir mon précédent message sur votre blog. En effet, celui-ci me paraissait tout à fait modéré. J’expliquais simplement que Ségolène Royal devait assumer ses propos et qu’elle devait tenir le même langage ou tout au moins affirmer ses idées qu’elle soit en public ou en privé. La gêne que pose la vidéo diffusée sur internet montre que celle qui se dit la seule à pouvoir changer les choses et faire de la politique autrement, commence par faire exactement la même chose que ses prédécesseurs. Pour ma part, j’aurais eu un peu plus d’estime pour cette candidate si elle avait revendiqué ses propos haut et fort.

  7. Pier dit :

    Bonjour,

    Je pense que le Net aura une influence sur la campagne à un degré inégalé jusqu’à présent. Pas besoin de boule de cristal pour s’en rendre déjà compte.

    Pour les stratèges-Net du PS, je conseille la lecture d’un livre très récent (2006) par deux universitaires américains : Web Campaining qui analyse la façon dont le Net peut venir en appui de campagnes électorales aux US.

    Surtout ce livre vient avec un supplément en ligne très bien fait:
    http://mitpress.mit.edu/webcampaigning
    Il reprend en introduction des éléments de l’élection de 2004 qui montrent les dégâts d’une communication non maîtrisée par Dick Cheney. Cela n’arriverait plus aujourd’hui, sans doute.

    C’est en anglais.

  8. carrée dit :

    Bonjour, je viens de m’inscrire pour participer à la  » web-campagne » du PS, ou plutôt de Ségolène Royal ( nuance!)
    Je ne place pas mon ego dans le fait que mes messages soient publiés ou non, et m’intéresse surtout à ce qu’ils soient lus.Jusqu’à présent, j’ai participé pour des raisons évidentes au site de Mme Royal, et compte continuer, de préférence. Mes commentaires sont des réactions à l’actualité ( sur laquelle je me tiens très informée), ou sur ce qui est rapporté de l’attitude de Mme Royal.Je me réserve le droit d’apporter des réserves, ou de donner des conseils: n’est-ce pas cela, la démocratie participative? De ce fait, je me moque de ne pas influencer d’autres blogueurs que…ma candidate!
    Sur ce point, pouvons-nous savoir s’il y a, auprès d’elle, un retour régulier et assez complet de ce qui est dit sur son site?
    Merci de me répondre! Je viens de m’engager à  » bloguer », mais ne le ferai régulièrement que si j’ai le sentiment de servir à quelque chose…Personnellement pour l’instant, c’est la campagne présidentielle qui m’intéresse, et mes efforts seront d’aider Mme Royal comme personne, au sein de son parti, bien sûr, mais elle d’abord!
    Merci de m’avoir lue.

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